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La collectivité après la crise : interview de Silvère Say, DGS de La Plagne Tarentaise

Et si cette crise sanitaire permettait de rêver un peu ? Pour les cadres territoriaux, qu'est ce qui est positif dans cette période ? 

Après l'interview de Jean-Michel Pignol et de Jean-Baptiste Clerc, c'est maintenant Silvère Say, DGS de La Plagne Tarentaise (commune et station de ski en Savoie) qui nous raconte ce qu'il tire de cette crise. Pour lui, les solidarités qui se sont spontanément créées confirment que c'est bien l'autonomie que le manager laisse aux agents qui leur permet de (ré)inventer le service public !

Solidarité à tous les étages !

La première observation de Silvère Say est celle de beaucoup d'autres collectivités : il salue la solidarité qui s'est spontanément mise en œuvre entre tous les acteurs de la société. « Par exemple, quand des dizaines d'habitants se mettent à faire des masques en tissus et à les donner aux personnes malades, au personnel de santé... C'est une solidarité qu'on avait perdue, et qu'on a retrouvé dans cette crise. Il n'y a pas eu besoin de la structurer, dans la plupart des cas, c'est venu spontanément. »

Et il souligne l'attitude de ses agents, qui eux aussi ont adapté leurs missions aux besoins : « Quand on est entrés dans cette crise et qu'il a fallu gérer la fermeture de la station de ski, mettre en place le confinement... Chacun s'est senti concerné et investi dans cette mission d'assurer le service public, d'être au service aux habitants. Quel que soit leur statut, fonctionnaire ou contractuel, ils ont tous donné le meilleur d'eux-mêmes et sont allés au-delà de leurs missions. Par exemple, la police s'est trouvé un nouveau rôle de proximité avec les personnes âgées, en leur rendant visite, en les emmenant faire des courses, en leur amenant des paniers repas. Autre exemple, des distributions de livres se sont mises en place spontanément », raconte-t-il.

« L'autonomie qu'ils ont, les agents en ont fait quelque chose de beau »

Pour lui, cette crise modifiera durablement le lien entre agents et habitants : « Même si les agents ne le formulent pas comme ça, je pense qu'ils ont un sentiment d'utilité sociale qui ressort pleinement aujourd'hui... Ça laissera des traces dans l'image qu'a la population du service public. Concrètement, la police municipale comme les agents ne sont plus salués de la même manière aujourd'hui », observe-t-il.

Mais c'est surtout le fonctionnement de la collectivité qui, pour lui, en sera impacté. En communication par exemple, il raconte comment, pour répondre au besoin d'information de la population, des vidéos ont été produites rapidement, sans les allers-retours habituels : « Ça nous a obligé à arrêter de tergiverser. Quand on veut mettre quelque chose en place, on le fait, et on réajustera si besoin ! »

Un exemple parmi d'autres qui, pour lui, illustre à quel point la confiance et l'autonomie sont précieuses en management. « En tant que managers, nous sommes plutôt dans un accompagnement que dans une impulsion. Concrètement, je mets un cadre général, et je laisse une autonomie aux agents. C'est comme ça que je vois le management. Pendant cette crise, ils ont exploité pleinement cette autonomie, et ils en font quelque chose de beau. Ce pouvoir d'innovation, il faut qu'on l'entretienne : on en a besoin pour que les services se modernisent, pour mettre en œuvre et enrichir les projets politiques, pour être plus en phase avec les besoins de la population. »

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